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Notre campagne anti-chasse en Italie

Rédigé par Fondazione Capellino | 21 avr. 2026 11:57:40

Pier Giovanni Capellino, fondateur d'Almo Nature et de la Fondazione Capellino, partage ses pensées et intentions derrière la campagne anti-chasse "Rien ne justifie la chasse" lancée en 2025 par la Fondation en Italie :

"La campagne « Rien ne justifie la chasse », que nous avions à coeur de menée avec la Fondation, m’a également impliqué personnellement, dans mes convictions et ma philosophie de vie.

Mes idées personnelles sur la chasse sont très radicales : j’y suis résolument opposé, au point de penser qu’elle devrait être abolie.

Mais la position modérée et raisonnable que je dois adopter en tant que président de la Fondation Capellino est différente.

La Fondazione Capellino a pour mission la sauvegarde de la biodiversité et la promotion de la « Reintegration Economy », un modèle économique centré sur le travail des personnes. Elle ne fait pas la révolution : elle part de ce qui existe et en accompagne progressivement l’évolution vers le changement.

Concrètement, grâce au travail et au capital engendré, nous produisons des aliments respectueux de nos clients — les chiens et les chats qui vivent dans nos foyers. Les profits qui en découlent, une fois la continuité de l’entreprise assurée, ne sont pas destinés à un enrichissement personnel, mais à des projets et actions en faveur de la biodiversité.

Almo Nature est l’outil dont dispose la Fondazione pour garantir son indépendance économique. Elle lui a été donnée en 2019 — un don irrévocable, donc définitif.

 

L’objectif de la pétition

 

En cohérence avec ce que nous sommes — tout en étant conscients que la démocratie ne consiste pas à imposer mais à trouver un compromis — nous estimons que : une loi sur la chasse existe déjà en Italie, et les chasseurs disposent aujourd’hui de droits reconnus, y compris par ceux qui ne partagent pas leurs idées.

Pourquoi vouloir davantage ? Pourquoi heurter la sensibilité des autres citoyens de la République, majoritairement opposés à la chasse ?

Nous, opposés à la chasse, sommes aujourd’hui trop passifs et engourdis, et la volonté des chasseurs « d’en vouloir toujours plus » risquait de passer sans réaction démocratique de notre part.

L’objectif de cette pétition est de tenter de bloquer, au nom de la faune sauvage — qui n’a pas de voix — cet élargissement des droits de chasse que la nouvelle loi en Italie entend introduire.

Messieurs les chasseurs, vous avez déjà des droits : contentez-vous-en, n’en demandez pas davantage.

D’un point de vue politique, nous qui y sommes opposés vivons cela comme un acte d’arrogance, en décalage avec la sensibilité de la majorité des citoyens, toutes tendances politiques confondues (d’autant que seule la moitié des électeurs se rend aux urnes, signe d’un doute croissant sur la capacité des partis à résoudre les problèmes).

Personne n’est exempt de contradictions

 

Almo Nature est en contradiction avec elle-même : elle tue des animaux pour nourrir des chiens et des chats.
Toute la société est faite de contradictions : personne n’y échappe. Nous, êtres humains, devons faire preuve d’humilité et admettre qu’il n’existe ni vérité absolue ni fausseté absolue.

Almo Nature est une entreprise que j’ai créée, avec de nombreux partenaires, au début du siècle. J’aurais pu la vendre, mais après près de cinq années de réflexion, nous avons estimé, avec les propriétaires et les employés de l’époque, qu’une entreprise est bien plus qu’un simple bien marchand. Lorsqu’elle est saine, elle doit continuer à remplir un rôle social, au-delà des seuls intérêts particuliers : en Europe du Nord, on appelle cela le « steward ownership ».

Avec mon frère Lorenzo, nous avons donc choisi de ne pas la vendre, mais de la donner à la Fondazione Capellino, afin qu’elle évolue progressivement, tout en restant sur le marché, vers un outil poursuivant deux objectifs majeurs : la Reintegration Economy et la protection de la biodiversité (en précisant, pour éviter toute ambiguïté, que les droits de donation ont été payés sans en tirer aucun avantage fiscal).

Les révolutions politiques ont échoué, sans jamais tenir leurs promesses. C’est pourquoi nous avons choisi d’évoluer, en acceptant les contradictions que cela implique.

À tous, je dis : avez-vous de meilleures idées ? Des solutions concrètes ? Proposez-les.

Les pro-chasse pointe du doigt que nous vendons de la viande mais la chasse et l’industrie de la viande sont deux choses différentes. Il ne faut pas les confondre : la chasse n’est pas une nécessité, tandis que l’industrie de la viande doit être considérée dans son rôle économique et historique.

Même si je suis presque végétarien, cette industrie — à travers la cuisine italienne — représente une fierté nationale reconnue dans le monde. Elle ne doit pas être rejetée selon moi, même si, comme l’a montré le documentaire « Food for Profit », elle nécessite des réformes urgentes.

L’appel aux sénateurs Italiens

 

La faune sauvage fait partie du patrimoine national, également protégé par la Constitution. Les sénateurs qui débattent de cette nouvelle loi doivent la protéger. Autoriser l’extension de la chasse ne sert ni cette protection ni les intérêts de la majorité des citoyens.
Il faut que le Sénat revienne à la raison.
Que les chasseurs ne se croient pas tout-puissants et se contentent de ce qu’ils ont déjà, sans chercher à en obtenir davantage : cela s’appelle le respect des autres, c’est-à-dire de la majorité, qui a une sensibilité différente.

Pier Giovanni Capellino