Le chat et les vétérinaires : comment rendre les choses plus faciles ?

Le chat est naturellement moins à l’aise que le chien lorsqu’il est transporté à l’extérieur de son domaine vital. De surcroît, dans la mesure où il est très sensible aux odeurs, l’arrivée chez le vétérinaire peut représenter un cataclysme olfactif. Plusieurs périodes sont à examiner pour minimiser son stress : le transport dans sa cage de la maison à la clinique, l’attente et la consultation, une éventuelle hospitalisation accompagnée d’examens et de soins intensifs, enfin le retour à la maison et l’observance du traitement prescrit.

Concernant le transport et l’arrivée du chat, le mieux est d’avoir laissé à disposition la cage comme un élément familier du mobilier dans laquelle il se sent à l’aise, et d’avoir habitué le chat tout jeune à des manipulations douces répétées qui miment un examen clinique. L’inciter à rentrer dans la cage en y mettant des friandises et le faire renter délicatement, puis stabiliser la cage dans la voiture avec une personne assise à côté pour lui parler et le caresser. La cage doit être robuste et suffisamment spacieuse. Il faut déposer un linge absorbant au cas où il ferait ses besoins par le stress. En aucun cas, il ne faut punir ou crier sur le chat s’il miaule et s’énerve dans sa cage. Il faut préférer faire des arrêts, si nécessaire, pour prévenir les nausées en voiture.

Arrivé à la clinique, le chat ne doit pas patienter trop longtemps. Un rendez-vous précis évite trop d’attente. Eviter les interactions avec des chiens inconnus. La table d’examen aura été soigneusement nettoyée pour diminuer les odeurs laissées par les patients précédents. Enfin une ASV bien formée aura à cœur de porter une blouse propre, de produire une gestuelle apaisante et des mouvements lents afin de tranquilliser le chat. On laisse le chat sortir naturellement, ou bien on penche la cage pour inciter le chat à en sortir. Eventuellement, on peut démonter le haut de la cage. L’équipe vétérinaire doit s’adapter à chaque chat et à chaque situation. Elle doit repérer tout signe de peur. Chaque acte médical doit être empreint de délicatesse et de pauses. Une anesthésie est préférable à un bras de fer et à une contention sévère. Une serviette de bain évite le support glissant et froid de la table. Emmailloter le chat peut lui permettre de se sentir en sécurité. Lors d’une injection, la pincée à la peau du cou génère une immobilisation naturelle qui renvoie à la prise au cou de la mère et ne constitue pas une punition. Lors d’hospitalisation, une gestion spécifique de l’environnement doit être mise en place (espace mis à disposition, odeurs, bruits, mouvements, température ambiante). Eviter la proximité des autres patients et les vis à vis des cages. Eviter de faire passer des congénères dans le champ visuel du chat. Couvrir la cage avec un drap si nécessaire, surtout lors d’anesthésie. Enfin le retour du chat à la maison prévoit de limiter tout stress. Le trajet du retour doit être accompagné des mêmes précautions que celui de l’aller : stabilité de la cage, protection par un tissu. La cage sera ouverte dans une petite pièce appréciée du chat. Il faut le laisser libre pendant les minutes qui suivent l’ouverture de la cage.

Docteur Isabelle VIEIRA
Vétérinaire Comportementaliste diplômée des ENV – Chargée d’enseignement vacataire en éthologie clinique à l’ENVA – Présidente de SEEVAD

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