Rencontre avec le photographe animalier Adrien Favre

L’image au service de la nature

     Adrien Favre, talentueux photographe animalier et réalisateur spécialisé dans la faune sauvage, est un fervent défenseur de la nature et de la biodiversité. Cette passion se ressent dans son style artistique à travers ses photos et ses documentaires, dont deux ont obtenu la 2ème place, catégorie prix du public, au Nikon Film Festival en 2017 et 2018. Le plus récent, intitulé “Je suis la vie”, lui a permis cette fois de remporter le prix du public lors de l’édition 2019. C’est la consécration pour Adrien qui, à travers ce court-métrage militant, nous interroge sur les enjeux de la cohabitation entre l’Homme et l’animal, ainsi que sur les tragédies liées à la chasse.
Lors de notre entretien, nous avons pu en savoir plus sur sa passion pour la photographie animalière, et sur sa vision du “vivre ensemble” entre les loups, et les hommes.

 

Le loup, cet indispensable prédateur

     Le loup gris commun, aussi appelé loup européen, a fait son retour naturellement sur le territoire français en 1992, lorsqu’un couple a traversé la frontière par les Alpes depuis l’Italie. Petit à petit, la population de loups s’est étendue jusqu’à recoloniser tous les massifs français (Pyrénées, Alpes, Jura, Vosges et Massif Central). Depuis 2018, le loup a dépassé son statut de viabilité mais les conflits autour de sa protection vont croissant, opposant le plus souvent éleveurs et protecteurs de la biodiversité.


Adrien 
plaide en faveur de mesures respectueuses des animaux

Le retour des grands prédateurs est justifié et normal parce qu’ils font partie de notre patrimoine historique et naturel, ils ont toute leur place. Maintenant, il faut accompagner ces gens de la meilleure des façons donc en les formant de plus en plus, en leur fournissant le matériel adéquat pour protéger les troupeaux. Je suis triste quand j’entends des éleveurs prendre pour bouc émissaire le loup, je pense qu’ils se trompent de cible; le vrai coupable, c’est l’Etat qui ne prend pas les mesures adéquates.

Et dénonce les abattages 

On voit que c’est complètement non-constructif puisque les attaques ne diminuent pas, au contraire elles augmentent parce qu’on peut casser des meutes, en tuant notamment le mâle dominant, c’est ce qui va provoquer des dispersions et des loups qui ne seront plus capables de chasser seuls, et qui vont attaquer des troupeaux domestiques.

 

Protéger le loup, c’est possible

     Le loup est une espèce protégée par la loi Européenne mais sous la pression des éleveurs, le gouvernement français continue d’autoriser, par le biais de dérogations, l’abattage de plusieurs dizaines de loups chaque année. Alors que toutes les études montrent que cette méthode de prélèvement arbitraire et irraisonné n’a aucun effet sur le nombre d’attaques de troupeaux, beaucoup de bergers voient encore la chasse comme étant la seule méthode efficace pour se protéger du loup.

     De nombreuses organisations militent activement pour la protection des loups et d’autres prédateurs sauvages tels que les renards. C’est le cas de l’ASPAS https://www.aspas-nature.org/, qu’Adrien soutient activement, tout en préparant un nouveau documentaire sur la faune.  Visionnez la vidéo complète ici :

Si vous souhaitez en savoir plus sur le travail d’Adrien Favre, cliquez ici ou ici pour plus d’information sur la Fondazione Capellino et le travail que nous faisons pour les loups.