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« L’animal qui soigne », un concept millénaire.
Depuis toujours, nous reconnaissons aux animaux de nombreuses vertus thérapeutiques, mais ce n’est que récemment que des études plus approfondies ont été menées, confirmant l’efficacité de la médiation animale. 

Cependant, les vertus thérapeutiques d’un animal ne doivent jamais prendre le pas sur son propre bien-être. Les animaux sont des êtres sensibles, leur santé et leur bonheur ne doit pas se substituer à celui d’un autre.  Et malheureusement, les dérives sont nombreuses. 

Essayons ici de savoir si la thérapie par l’animal peut être compatible avec bien-être animal.

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♦ La médiation animale pour soigner et apaiser les personnes âgées ou handicapées

De nombreuses études récentes rapportent que le fait d’avoir un animal dans une maison de retraite ou un EHPAD est très positif et les effets bénéfiques sur les résidents sont incontestables. 

En effet, les vertus de la présence d’un animal sont nombreuses :
– Apaise les tensions et procure bien-être et distraction
– Génère un sentiment de tranquillité et combat l’ennui
– Permet une communication non verbale (pour les pensionnaires ayant perdu l’usage de la parole) et fournit un soutien moral
– Valorise le résident : un animal aime et a besoin que l’homme en prenne soin
– Favorise les contacts avec les autres.
– A un impact positif sur la santé physique des résidents et entraîne une diminution de la médication chimique.

Aujourd’hui pourtant, trop peu de ces structures acceptent d’accueillir les pensionnaires avec leurs petits compagnons et beaucoup se retrouvent placés en refuge suite à la perte d’autonomie de leur maître. Il n’y a pourtant rien dans la loi française qui ne l’interdit ; uniquement le règlement intérieur de l’établissement.
Heureusement, certains directeurs d’établissements sont plus ouverts, et mettent en place des séances de thérapie animale de manière régulière. Une fois cette expérience testée, pas de retour en arrière ! Les bénéfices sont tellement concrets et rapides que l’essai est toujours transformé !
Vous pouvez découvrir ici l’histoire d’Orlane, jeune chienne adoptée dans une SPA et qui vient maintenant en aide à des personnes âgées placées en EHPAD lors de séances de médiation avec sa maîtresse Océane.
Et pourquoi pas vous ?
–> Et si vous aussi donniez un peu de votre temps pour faire de la médiation animale avec votre compagnon à 4 pattes ?  C’est tellement de bonheur à la clé ! Seuls des professionnels formés peuvent mettre en place ce genre de thérapies. Si vous proposez de faire de la médiation animale avec votre compagnon, il est indispensable que vous soyez suivi par un professionnel lors de ces séances. Il en va du bien-être de votre animal comme celui des pensionnaires bénéficiaires. Soyez toujours bien attentif aux réactions de votre animal et observez son comportement lorsqu’il se rend à ces séances. Il doit être enthousiaste à tout moment. 

 

copyright: santé magazine

♦ La médiation animale, possible alliée des refuges

Récemment, certains établissements médicalisés ont accepté l’adoption de chiens ou de chats auprès de refuges locaux : En collaboration avec un refuge/une association de protection animale et un zoothérapeute formé, des chiens ou des chats qui n’arrivent pas à trouver de famille pour les adopter sont suivis, formés, puis si tout se passe bien et que les animaux expriment clairement leur plaisir à évoluer au sein des pensionnaires, officiellement placés. Leur assurant ainsi une vie entourée de personnes aimantes et des câlins quotidiens !
La France compte environ 8 000 EHPAD ou structures similaires; ce sont autant de places potentielles pour des animaux en attente de trouver un foyer.
Quelques associations travaillent sur de tels projets. C’est le cas de la Fondation Clara et de son projet COMPAGNONS DE JOUVENCE, dont le premier chien a été placé en EHPAD avec succès il y a quelques mois. La vidéo ici

Copyright : Ouest France

♦ Chiens guide d’aveugle

Lorsque l’on parle d’animaux et d’aide à la personne, on pense souvent aux chiens guides d’aveugles. Là aussi, on est en droit de se demander si le bien-être de ces chiens, quotidiennement « au travail », est respecté.
Lorsque cette démarche est bien accompagnée par la Fédération Française des Associations de Chiens guides d’aveugles (F.F.A.C), le suivi du chien est assuré depuis sa naissance jusqu’à sa retraite.
Même si tous les maîtres bénéficiaires n’ont malheureusement pas la possibilité de le faire, certains gardent leur chien, même après leur retraite, et celui-ci profite d’un repos bien mérité au sein de son foyer, alors qu’un autre chien guide plus jeune prend le relais. C’est bien sûr la solution préférable mais la plupart du temps, les chiens retraités sont placés en famille d’accueil (à laquelle le chien a été progressivement habitué, pendant plusieurs mois précédent sa retraite officielle).

♦ Les limites de ces pratiques : les animaux sauvages

Si une relation équilibrée de confiance mutuelle peut se créer entre l’homme et l’animal domestique, il n’en va absolument pas de même avec les animaux sauvages.
Soumettre un animal sauvage que ce soit pour le plaisir de l’homme ou prétendument pour sa santé est particulièrement condamnable. 

Prenons ici l’exemple des delphinariums et de la delphinothérapie.
Enfermés dans des bassins chlorés, des dauphins (certains nés en captivité, certains capturés à l’état sauvage), sont mis en contact avec des personnes handicapés mentales ou physiques, entre deux spectacles où ils sont forcés à exécuter des tours ridicules et contre nature. Le “sourire” persistant du dauphin en ont fait une attraction très lucrative, au détriment de leur besoins biologiques et de leur bien-être. Pour preuve, dans la nature, les dauphins peuvent vivre jusqu’à 50–60 ans pour les mâles, et 70–80 ans pour les femelles. En captivité ils ne vivent généralement qu’une vingtaine d’années

Et rares sont ceux qui perçoivent le désespoir profond et pourtant évident de ces dauphins privés de liberté et contraints de soigner des enfants presque aussi désemparés qu’eux ! Par ailleurs, ces interactions homme-animal sont aussi des moments d’échanges infectieux. Pour y remédier, les delphinariums augmentent la concentration en chlore de l’eau, provoquant des irritations cutanées et ophtalmiques chez les cétacés (Brensing, 2005).

Si certains proposent de promouvoir les interactions homme-animal en milieu naturel, la communauté scientifique est plus prudente. De nombreux cétologues mettent en garde contre le fait que ces contacts provoqués avec les dauphins contribuent à modifier leurs comportements et à augmenter leur anxiété :les dauphins ne sont pas libres dans leurs déplacements lorsqu’ils sont entourés par des nageurs ou par une cohorte de bateaux et de kayaks. Plusieurs études montrent que ces activités humaines de nage-avec-les-dauphins, écotourisme et delphinothérapie, ont un impact négatif sur la fréquentation de certains sites, sur la reproduction, le comportement d’allaitement, etc. (Delfour, 2006). Il ne faut pas oublier, enfin, que, contrairement aux hommes, les dauphins sauvages ne viennent pas dans ces endroits spécifiques pour rencontrer l’espèce humaine ; ils y viennent pour se reposer, socialiser et se reproduire depuis des décennies.
De plus, au niveau médical et thérapeutique, il n’a jamais été formellement prouvé que les cétacés (qui sont des animaux sauvages) soient plus efficaces que les chiens, les chats, les chevaux, ou autres animaux domestiques (et qui ont l’avantage de ne pas être perturbés par le contact de l’homme).

La delphinothérapie apparaît donc comme une façon lucrative pour les delphinarium d’abuser financièrement des familles en détresse.

copyright: center blog

Alors pour répondre à la question soulevée dans cet article : oui.
La thérapie par l’animal peut être une excellente chose, dès lors qu’elle ne se fait pas au détriment de son bonheur et qu’elle apporte autant de bien-être au médiateur à 4 pattes qu’à la personne qu’il soigne (incompatible avec les animaux sauvages).

Une bonne compréhension de l’état émotionnel de l’animal est indispensable pour que les bienfaits de la zoothérapie soient mutuels. Dans tous les cas, un animal qui ne se sent pas bien ou qui présente des troubles du comportement ne pourra pas aider à soigner qui que ce soit.
Pour finir, le développement de telles thérapies doit se faire en incluant un maximum les animaux de refuge aptes à y participer, plutôt que de privilégier des animaux d’élevage comme c’est encore beaucoup le cas aujourd’hui.

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